Frise chronologique
1373
Première mention écrite
Première mention écrite
1373 (≈ 1373)
Cité comme « Halle au Draps » dans un dénombrement.
fin XIVe siècle
Restauration par Louis II de Bourbon
Restauration par Louis II de Bourbon
fin XIVe siècle (≈ 1495)
Réparations post-Jacquerie et fortifications urbaines.
1806
Réaménagement municipal
Réaménagement municipal
1806 (≈ 1806)
Rétablissement de la salle du conseil.
1843–1881
Restauration par Selmersheim
Restauration par Selmersheim
1843–1881 (≈ 1862)
Travaux néo-médiévaux sous influence Viollet-le-Duc.
1875
Classement monument historique
Classement monument historique
1875 (≈ 1875)
Parmi les premiers monuments protégés en France.
1973
Restauration intérieure
Restauration intérieure
1973 (≈ 1973)
Modernisation des espaces municipaux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Hôtel de Ville : classement par avis de classement du 29 juin 1874 et par liste de 1875
Personnages clés
| Louis II de Bourbon - Comte de Clermont et beau-frère de Charles V |
Commanditaire des fortifications fin XIVe. |
| Paul Selmersheim - Architecte des Monuments historiques |
Dirigea la restauration néo-médiévale (1843–1881). |
| Viollet-le-Duc - Architecte et théoricien |
Inspira la restauration via son disciple Selmersheim. |
| Robert de Clermont - Comte de Clermont, fils de Saint Louis |
Statue ornant la façade principale. |
| Jean Dominique Cassini I - Astronome (1625–1712) |
Statue classée dans la salle Cassini. |
| César-François Cassini III - Géographe (1714–1784) |
Buste exposé dans le hall. |
Origine et histoire
L’Hôtel de ville de Clermont, mentionné dès 1373 sous le nom de « Halle au Draps », servait à la fois de maison communale, d’auditoire royal et de lieu de commerce. Ce bâtiment polyvalent abritait aussi des juridictions comme l’échevinage ou le bailliage, tout en étant le point de collecte du cens seigneurial. Son rôle central dans la vie civile et judiciaire en fait un témoin rare des institutions médiévales françaises, combinant fonctions administratives, économiques et défensives.
La première restauration majeure eut lieu à la fin du XIVe siècle sous l’impulsion de Louis II de Bourbon, beau-frère de Charles V, afin de réparer les dégâts causés par la Jacquerie (1358) et l’assaut des Navarrais (1359). Ces travaux s’inscrivaient dans un projet plus large de fortification de la ville contre les Grandes Compagnies. L’édifice conservait alors son bastion (ou castillet), ouvrage militaire caractéristique du XIVe siècle, avec mâchicoulis et meurtrières, encore visible aujourd’hui.
Au XIXe siècle, l’état de dégradation avancée du bâtiment poussa la municipalité à engager des réparations d’urgence (1830, 1840), avant une restauration complète confiée à Paul Selmersheim, disciple de Viollet-le-Duc. Classé monument historique en 1875, l’hôtel de ville fut remanié dans un style néo-médiéval : façade recomposée avec arcatures ogivales, tourelle hexagonale, et découverte d’une fenêtre romane du XIIe siècle cachée dans les combles adjacents. Les travaux (1843–1881) révélèrent aussi des éléments défensifs originels, comme les pierres d’attente de la muraille.
L’intérieur reflète cette dualité civile et militaire. Le rez-de-chaussée, anciennement halle à grains, abrite aujourd’hui des salles polyvalentes (Fernel, Grévin, Cassini) dédiées aux associations locales, tandis que le premier étage conserve la salle des pas-perdus, la salle du conseil municipal, et une bibliothèque ornée de portraits de Clermontois illustres. Parmi les pièces remarquables figurent un buffet italien du XVIe siècle, des lustres inspirés de Viollet-le-Duc, et une maquette de la ville au XIVe siècle. Le bastion, accessible par un escalier à vis, offre une vue panoramique sur Clermont et la forêt de Hez-Froidmont.
Le bâtiment, de forme trapézoïdale (52 m de long), allie des éléments défensifs (murs de 2,70 m d’épaisseur, mâchicoulis) et civils (cloche du XIVe siècle, statues de Robert de Clermont, Louis IX et Charles IV). Son toit en dos d’âne aigu, couvert d’ardoises, et son campanile hexagonal en font un exemple architectural unique, mêlant héritage médiéval et interventions du XIXe siècle. La façade nord, percée d’arcades ogivales lors de la restauration, met en valeur la tour de guet et les lucarnes à pignons tréflés.
Classé parmi les premiers monuments historiques de France (1875), l’Hôtel de ville de Clermont incarne près de sept siècles d’histoire urbaine. Son évolution — de halle marchande à mairie, en passant par un rôle judiciaire et défensif — illustre les mutations des institutions locales, tandis que ses restaurations successives révèlent les enjeux de préservation du patrimoine au XIXe siècle, sous l’influence de Viollet-le-Duc.